La nouvelle vie de l’épicerie d’Estrées

L'épicerie d'estrées

Il y a plus de 30 ans, cette maison, située sur la place d’Estrées-lès-Crécy, était le principal centre d’animation du village. Elle appartenait à ma famille, et cela depuis plusieurs générations.

Chaque été, je venais passer le mois de juillet en vacances à Estrées chez mes grands-parents, Marguerite et Gaston, d’où je garde mes meilleurs souvenirs d’enfance. Cette épicerie/café avec sa ferme était un véritable terrain de jeux et de découvertes pour moi, une petite fille de la ville.

L’épicerie ouverte tous les jours, était un véritable bazar. On y trouvait de tout, aussi bien du sel, des bonbons, de la chicorée que des chaussons, des boutons ou des casseroles. Les vieilles dames parlaient patois et j’y apprenais les potins du village. Je jouais à la marchande pour de vrai avec une épicerie d’une autre époque. Il y avait aussi l’unique cabine téléphonique du village. Parfois ma grand-mère me demandait d’amener en vélo les télégrammes aux destinataires qui annonçaient des bonnes ou des mauvaises nouvelles.

Le café avait deux visages. Celui de la semaine, quand les agriculteurs s’arrêtaient, en allant ou en revenant des champs, pour boire un verre, acheter du tabac ou lire le journal. Et celui du dimanche, lorsque les villageois, bien habillés, venaient l’après-midi pour jouer au billard ou faire une partie de belote dans la grande salle.

La salle de bal, elle, n’était ouverte que pour des grandes occasions: fête du village, cinéma itinérant, théâtre, mariages, communions, enterrements.

Et bien sur, la ferme représentait une importante activité. Des gens venaient acheter des oeufs et du lait après la traite du soir.

Je m’amusais à m’occuper des animaux de la ferme: vaches, poules, lapins. Mes grand-parents m’avaient offert un petit cheval et je partais pendant des heures découvrir la campagne seule avec mon compagnon qui s’appelait Malican. Pendant la moisson, je partais en tracteur dans les champs avec mon grand-père. Il y avait aussi le charbon dans la cour, que mon grand-père pesait, mettait dans des sacs de toile noircie, et livrait.

Puis je suis devenue grande et mes grands-parents sont partis pour toujours. La propriété est devenue sans vie, vide, fermée. Les temps avaient changé, toutes ces activités passées n’existaient plus et n’avaient plus lieu d’être. Il m’était difficile de voir la propriété abandonnée et se dégrader. Avec ma famille, nous nous étions résignés à la mettre en vente.

Mais les opportunités de la vie m’ont permis de la conserver et de la transformer en gîte rural. Une nouvelle vie a été donnée à mon épicerie.

L’épicerie d’Estrées en 2006

J’espère qu’à votre tour, pendant votre séjour, vous apprécierez l’esprit et l’ambiance de l’épicerie d’Estrées.

Et si vous souhaitez aussi vous lancer dans la sauvegarde du patrimoine durable, n’hésitez pas à me contacter sur ce blog pour partager mon expérience.

Valérie

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